C’était fort probablement le 2 avril 1976. En tout cas, ce n’était pas le 2 exactement, ça devait être le lendemain, le 3. J’avais été invité à une fête pour l’anniversaire d’une jeune fille de ma classe de cinquième année. À ce moment-là, j’étais à l’école Louis-Dupire, à Montréal. C’est là que j’avais fait ma troisième année, puis ma cinquième aussi. J’avais un bon groupe d’amis rendu là.
Mon grand ami, c’était Marc Quintal. Il y avait aussi Michel Fraser, ainsi que Luc et Sylvain Martineau. En cinquième année, j’étais bien entouré. C’était d’ailleurs ma dernière année à Montréal, même si je ne le savais pas encore.
La fête, c’était celle de Sylvie Blain. Je sais que son anniversaire est le 2 avril parce que, bien des années plus tard, j’ai retrouvé son profil Facebook. Elle est amie avec Luc Martineau, ce qui a confirmé que c’était bien elle. Eux sont restés dans le quartier plus longtemps; moi, je suis parti après cette année-là. On a perdu contact, mais eux ont gardé des liens entre eux.
J’avais donc été invité à sa fête. Marc Quintal l’était aussi. On était les seuls gars. Ce n’était pas une grosse fête, plutôt quelque chose de relativement intime. Il y avait Sylvie, Line Bourbonnais, et deux autres filles que je trouvais « cute ». Celle sur qui j’avais un vrai kick, c’était Sylvie. J’étais surpris de l’invitation, mais en même temps, ça me faisait énormément plaisir.
À l’époque, je ne savais pas danser. Les filles, elles, semblaient plus dégourdies que nous là-dessus. Elles nous ont montré à danser le slow, un peu de cha-cha. Je ne suis pas devenu expert, loin de là, mais j’en ai appris les bases. Juste assez pour ne pas être complètement perdu.
Il y avait aussi les jeux de fête. Je me souviens mal de la présence des parents. S’ils étaient là, ils étaient clairement en retrait. On jouait à la bouteille, au couteau et à la fourchette. Des jeux de pénitences : donner des becs, parfois des french. À cet âge-là, c’était à la fois intimidant et très excitant.
Il y avait aussi le jeu des pommes dans un sceau d’eau, qu’il fallait attraper avec les dents. Je me souviens de l’eau froide, des rires, de la gêne aussi. Tout ça faisait partie du même moment.
Pour moi, c’était le fun. C’étaient des jeunes filles que j’aimais bien, que j’appréciais, et c’est elles qui m’avaient invité. Elles me montraient à danser, elles m’incluaient dans leurs jeux. J’étais clairement un peu sur un nuage à ce moment-là.
C’est le genre de moment éphémère et innocent qui fait simplement plaisir, qui donne confiance, et que l’on continue de chérir des décennies plus tard.