J’ai rencontré Philippe Martin dans le cadre d’un projet de télévision étudiante au cégep, De l’huile sur le feu. Il venait déjà d’un univers très différent du mien. Son père, Richard Martin, était un réalisateur de télévision bien connu au Québec. Sa mère, Élisabeth Chouvalidzé, était une actrice connue de la télévision et du théâtre. Philippe avait grandi dans ce milieu artistique québécois, en voyant son père travailler sur les plateaux. Très tôt, il avait voulu devenir réalisateur de télévision.
Quand je l’ai connu, il avait déjà quelque chose de la figure qu’on se fait d’un réalisateur dans les films. Je blaguais parfois en disant : son père est réalisateur, sa mère est actrice, et Philippe, lui, « joue » au réalisateur. La formule était moqueuse, mais affectueuse. Elle disait aussi quelque chose de vrai : il habitait déjà ce rôle avec beaucoup de naturel.
Nous sommes devenus de grands amis. J’ai assisté à ses deux mariages. Nous avons mené quelques projets ensemble, même si, la plupart du temps, nos parcours professionnels ont suivi des chemins distincts. Lui a fait carrière comme réalisateur, notamment pour Catherine et Et Dieu créa… Laflaque. De mon côté, je me suis davantage orientée vers des projets technologiques liés à la télévision.