Saint-Sulpice ne regroupe pas beaucoup d’histoires. Mais c’est le lieu de mes premiers souvenirs.
Mes grands-parents habitaient une maison à deux étages, près du fleuve Saint-Laurent, avec vue sur l’eau. J’avais environ un an et demi à mon arrivée, quatre ans quand on est repartis. Une courte période, mais qui a laissé une trace.
Je me demande parfois si c’est là que tout a commencé — ce goût que j’ai toujours eu pour le bord de l’eau, pour les grands horizons, pour les espaces ouverts. Ce n’est pas une certitude, mais ce n’est pas non plus une coïncidence que mes premières années se soient passées face au Saint-Laurent.
Saint-Sulpice est un village dans Lanaudière. Mon grand-père y avait son grand ami Raymond Jodoin, qui habitait à L’Assomption tout près. C’est peut-être aussi ce qui les avait attirés dans cette région — cette rive nord à l’est de Montréal qui allait devenir, d’une certaine façon, le territoire de mon enfance. Après Saint-Sulpice, il y aurait Saint-Paul. Les deux se tiennent.