La côte ouest ne m’attirait pas particulièrement.
Mes repères étaient ailleurs — Montréal, Boston, New York, Paris, Londres. C’est le nord-est de l’Amérique et l’Europe qui avaient forgé mes premières habitudes de voyageuse. San Francisco n’était pas dans mon horizon jusqu’en 1989, année de mon premier voyage là-bas.
Les choses ont changé rapidement après. Les conférences professionnelles ont commencé à m’y ramener de façon régulière — les Macworld Expo, les formations chez NeXT, puis JavaOne et les grandes conférences de développement. San Francisco est devenue une destination familière, presque routinière.
Mais la ville a joué un rôle qui allait bien au-delà du travail. C’est là, dans les années 90, que j’ai commencé à avoir accès à de la littérature LGBT, à de l’information sur la transsexualité — quelque chose qui était en attente en moi depuis longtemps, mais que j’avais eu du mal à nommer, faute de ressources et de mots. San Francisco a contribué à cet éveil d’une façon que peu d’autres endroits auraient pu faire à cette époque.
Par la suite, les circonstances ont fait qu’une opportunité professionnelle s’est présentée. On a déménagé avec la famille. On y a vécu cinq ans. J’y ai tissé des amitiés profondes, un réseau qui existe encore.
San Francisco s’est imposée comme un des axes majeurs de ma vie — une ville qui m’a changée, pas seulement visitée.