Cannes n’était pas une destination prévue.
La première fois que j’y suis venue, c’était en 1993, en voyage avec Christine et Alain, qui avait six ans. Un séjour parmi d’autres sur la Côte d’Azur. Je n’avais aucune raison de penser que j’allais y revenir autrement qu’en touriste.
Onze ans plus tard, en 2004, quand on a décidé de s’installer en France, Cannes n’était pas non plus le plan initial. C’est simplement là qu’on a réussi à trouver un logement sur la Côte d’Azur. Les circonstances ont décidé à notre place. On pensait y rester plus longtemps, mais j’ai été aspirée du côté de San Francisco, et on a quitté après un an.
Ce n’était pas complètement inusité non plus que je me retrouve là. Cannes a toujours eu un rôle dans le milieu des médias — le Festival, bien sûr, mais aussi les salons et expositions au Palais des festivals. C’était un terrain familier à ce niveau.
Vivre en France plutôt que d’y passer en touriste, c’est une autre expérience. On comprend autrement le pays, ses dynamiques, ses contradictions. Dominique a gardé des souvenirs de cette période. C’est quelque chose.
Quand j’y suis retournée en 2022 pour le mariage de Philippe — en plein Festival de Cannes — je n’ai pas retrouvé de nostalgie particulière. La Côte d’Azur à ce moment de l’année, avec son trafic, sa concentration, son effervescence un peu artificielle, ne m’a pas manquée. Cannes reste dans ma mémoire comme une parenthèse intéressante, habitée plutôt que vraiment choisie.