À partir de 2023, un autre rythme s’installe. Après la faillite, la proposition de consommateur et les années de discontinuité, la situation financière se stabilise progressivement. La majorité des dettes est remboursée. Christine devrait sortir de sa proposition en 2026 si tout se déroule comme prévu, et la mienne suivra de près.
Je travaille à l’Agence du revenu du Canada en télétravail, un emploi qui s’impose comme une troisième carrière. Si tout va bien, c’est probablement celui que je conserverai jusqu’à la retraite, autour de 2035. Après des décennies de travail à intensité élevée — en technologies puis sur la route —, un horaire de trente-sept heures et demie par semaine, au téléphone, depuis la maison en Gaspésie, tient presque de la semi-retraite.
À l’ARC, mon travail est reconnu et apprécié. Mon engagement syndical a attiré l’attention de la gestion, et plusieurs m’encouragent à envisager un rôle de chef d’équipe, de gestionnaire, ou un retour en technologies de l’information. Je décline. Je ne souhaite plus la charge mentale liée à la gestion ni celle qu’impliquent les problèmes complexes de développement et de programmation.
Ce choix est conscient. J’aime pouvoir raccrocher le téléphone à la fin de la journée et ne plus y penser jusqu’au lendemain. C’est un rapport au travail que je n’aurais jamais accepté à trente ou quarante ans. À soixante et un ans, il me convient parfaitement.
En parallèle, nous recentrons notre énergie sur notre couple et sur notre santé physique et mentale, notamment depuis mon retrait de l’exécutif syndical. Le cadre de vie à Sainte-Anne-des-Monts est simple, stable, et peu exposé aux facteurs de stress qui dominaient auparavant. Il permet de reprendre souffle, sans urgence et sans projection excessive.